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Editorial 2014

Édito Films en compétition

Une deuxième édition se profile pour le Panorama du cinéma colombien à Paris. Cette année, le festival se déroule simultanément dans deux autres villes cinéphiles, Barcelone et Londres, qui se joignent au rendez-vous pour célébrer un cinéma qui, on le sait à présent, est en plein élan créatif.

Rappelons que pour les productions colombiennes, les festivals sont d'une importance capitale. Espaces de diffusion et de dialogue, ils offrent aux auteurs une opportunité parfois unique de montrer leurs œuvres et d'échanger avec le public. C'est pourquoi nous mettons toute notre énergie à concevoir le Panorama avec le dévouement et la patience du jardinier qui aménage un paysage délicat…

La sélection de cette année regroupe les œuvres de plusieurs jeunes réalisateurs colombiens qui explorent, dans un pays en constante agitation, les espaces illuminés et les temps suspendus.

Nous visiterons, grâce à leurs images, les recoins perdus du pays – l'île volcanique inhabitée de Gorgona, le territoire Wayuu près de la frontière avec le Venezuela, ou encore Guapi, municipalité souffrant d'un terrible oubli, à l'instar de tout le Pacifique colombien. Ces images esquissent peu à peu les portraits de paradis fragiles et évoquent des bribes d'histoires rarement contées.

Ces films sont des voyages des quêtes visuelles qui mettent en lumière la fragile coexistence entre les fractions magiques et réelles propres à la culture colombienne. Ainsi ces jongleurs des carrefours de Medellin, qui exécutent un travail d'une précision diabolique au milieu d'une circulation incessante; ou encore ce village, qui invente des rituels pour l'exorciser la violence.

Et, toujours, cette volonté de reconstruction de la mémoire, comme pour graver une fois pour toute un vécu aussi personnel que collectif.

Pour la seconde année consécutive, nous souhaitons célébrer à travers ce Panorama l'incroyable volonté d'exister d'un cinéma qui ne se nourrit pas seulement de la réalité qui l'entoure mais, surtout, de la sensibilité intérieure et des préoccupations légitimes de ses auteurs.

Le chien qui aboie

Édito section parallèle

Cinéma et histoire du conflit colombien

En Colombie, où l'industrie du cinéma est au stade embryonnaire, la réalisation d'un film relève d'une volonté titanesque, non seulement pour voir le jour, mais également pour se faire une place auprès du public. La télévision, redoutable lieu de pouvoir, est souvent la seule source d'images, et par conséquent la seule à participer à l'élaboration de la "réflexion" sur les périodes troubles du pays. Pour cette raison, le cinéma - et l'art en général - représente l'un des derniers recours face à l'expérience de la violence, de l'impunité et de l'injustice.

Cette année, pour notre deuxième édition, nous tenions à vous faire découvrir ces cinéastes qui, avec courage et sensibilité, nous offrent des images pour livrer la bataille contre l'aliénation et l'indifférence générale. Ces films tentent de revisiter les moments fondamentaux de l'histoire de la Colombie, et de cristalliser sur l'écran la résistance, le désir, l'angoisse et l'espoir d'une société hantée par le conflit.

Le chien qui aboie